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Considérations sur les migrations musulmanes en particulier,

et les migrations humaines en général

Les migrations musulmanes

Les migrations musulmanes constituent un phénomène humain qui concerne près d’un quart de l’humanité. Elles évoluent dans la longue durée en touchant des dizaines de pays différents, essentiellement occidentaux, qui représentent eux-mêmes plus d’un dixième de la population planétaire. Ramasser dans les quelques pages d’un article l’ensemble des causes et conséquences de ce phénomène présente une gageure pour celui qui se risque dans cette tentative.

On comprendra donc qu’un tel texte ne puisse privilégier que quelques-uns des aspects anthropologiques en cause dans cette profonde mutation historique, aspects répartis selon des axes d’analyse donnés, réducteurs par nature. Les axes choisis sont les suivants :

- considérations historiques,

- considérations démographiques et environnementales,

- considérations fonctionnelles sur les migrations,

- fonctionnement des migrations :

- cheminement politique et administratif,

- cheminement spontané et désordonné,

- considérations culturelles, et religieuses en particulier.

Considérations Historiques

Lorsque la Seconde Guerre mondiale fut terminée, les pays occidentaux qui en avaient subi les affres virent dans cette immigration une solution facile et peu coûteuse pour résoudre leurs problèmes nés de la guerre. Il fallait à la fois reconstruire les infra­structures et les bâtiments détruits, et remplacer les pertes humaines des hommes tués sur les champs de bataille, les deux problèmes se combinant en celui d’un déficit de main-d’œuvre.

Dans les armées alliées, se trouvaient un grand nombre de soldats venus des possessions coloniales de France et de Grande-Bretagne. Leurs origines étaient très variées : noirs d’Afrique occidentale et du sud, Arabes du Maghreb et du Moyen Orient, Indiens des Indes, etc. Pour la plupart, ils étaient de religion musulmane.

Pour la plupart d’entre eux, c’était la première fois qu’ils mettaient les pieds en Europe. Ils y constatèrent une différence considérable de richesse avec celle de leurs pays d’origine. Aussi, les premiers immigrants furent-ils souvent ces soldats d’outremer, une fois démobilisés. Les politiciens et les chefs d’entreprise européens crurent d’abord que cette main-d’œuvre ne resterait chez eux que le temps de la reconstruction. Grave erreur ! Se trouvant finalement très bien en Europe, dans des emplois qu’ils n’auraient pu trouver dans leurs propres pays, ils y firent venir leurs familles, souvent fort nombreuses.

Considérations démographiques et environnementales,

Tous les pays dont la religion est majoritairement l’Islam sont assez pauvres, à l’exception de ceux qui possèdent du pétrole, beaucoup de puits de pétrole !

Tous ont généralement un taux de croissance démographique élevé, par défaut de contraception, souvent par manque de connaissance ou de moyens, assez souvent pour avoir une main d’œuvre suffisante pour les travaux des champs, activité géné­ralement majoritaire dans ces pays. Enfin, parce que les taux de mortalité y étaient très importants, notamment à la naissance, avant que les avancées médicales et sanitaires de l’occident ne viennent les toucher. En dépit des améliorations spectaculaires de la santé de ces populations, les habitudes ancestrales furent pratiquées longtemps avant qu’elles ne commencent à s’aligner sur les pratiques occidentales.

Il en est résulté une pression démographique considérable s’exprimant par une part dans la population des jeunes de 0 à 14 ans comprise entre 45 et 50 % selon les pays, contre 15 à 20 % dans les pays occidentaux et entre les deux pour les pays dits “émergents “. Ces taux ont commencé à baisser, mais à une vitesse sensiblement plus lente que celle de la baisse des taux de mortalité infantile et adulte. L’évolution différentielle de la natalité et de la mortalité a accru dans des proportions importantes la pauvreté de ces populations, pauvreté se traduisant par une surcharge des terres, des villes et l’impossibilité de soutenir les actions formatrices nécessaires des jeunes, très largement encore sous scolarisés, et la création de sources d’emploi corres­pondantes.

En outre, la création rapide de cette pression démographique intervenue en quelques années après la guerre a entrainé une destruction environnementale sévère, sous le poids de migrations internes vers les villes, ne laissant pas le temps à celles-ci de se structurer, faute de moyens, et détruisant rapidement les terres arables de leur voisinage.

Il est ainsi possible de constater deux choses. D’une part qu’une action civilisatrice trop rapide, que celle-ci soit ou non motivée par de bons sentiments, peut déboucher sur des catastrophes humaines inattendues. D’autre part qu’en sens inverse, la politique de l’enfant unique introduite par Mao Tse Toung en Chine permit d’éviter, au cours de la rapide émergence du pays, les vicissitudes rencontrées par les pays directement développés sous la direction indirecte de l’occident, et ceci, en dépit d’une critique occidentale inconséquente de cette mesure. Il est d’ailleurs à souligner que cette disposition est en cours de disparition progressive, l’équilibre recherché ayant été atteint.

En dépit d’initiatives engagées par les institutions internationales telles que l’ONU, le FMI et la Banque mondiale, peu de progrès ont été réalisés en un demi-siècle, soit que l’ampleur des efforts auxquels il aurait fallu consentir dépassait les possibilités de l’occident ou même sa volonté de réussir. Ajoutons à cela une forte corruption des élites en place, associée à un manque assez coupable de contrôle dans les réalisations entreprises.

L’existence de régimes autoritaires, ou même totalitaires, dans les pays concernés, aggrave encore un état de choses économique qui incite les populations à trouver ailleurs emplois et avenir plus souriant, pour eux et pour leur famille.

Pour les plus pauvres de ces peuples, il en a résulté un désir irrépressible de quitter leur pays pour trouver ailleurs une vie meilleure. La vue de l’apparente richesse de l’occident qui se déploie sur les écrans de leurs téléviseurs constitue un facteur supplémentaire pour désirer quitter leur pays natal par tous les moyens possibles.

Considérations fonctionnelles sur les migrations

Les migrations musulmanes suivent deux cheminements sensiblement différents :

- cheminement politique et administratif

C’est le cheminement officiel, basé sur une structure administrative créée par les gouvernements des pays d’accueil, suivant une procédure généralement très lente, fondée sur des critères à la fois sociologiques et économiques. Ils ne concernent bien évidemment que les candidatures présentées aux consulats des pays de destination désirés, dans les pays d’origine.

Les critères d‘admission comprennent souvent des quotas par pays d’origine, en fonction d’exigences géopolitiques, ou du désir d’équilibrer les entrées par rapport aux communautés de cette origine déjà présentes dans le pays de destination. Ces critères prennent surtout en compte les besoins en main d’œuvre de l’économie du pays d’accueil, en regard de la formation et de l’expérience des candidats susceptibles d’y répondre.

À partir du moment où une candidature a été approuvée, le candidat suit une procédure assez stricte et longue avant d’être autorisé à venir s’installer. Il peut s’écouler deux années entre le dépôt de la candidature et l’arrivée du migrant dans son pays d’adoption.

- cheminement spontané et désordonné

Il s’agit des migrations sauvages, pratiquées par les migrants vivants dans des pays disposant de frontières communes avec les pays d’accueil, ou séparés de ces derniers par un détroit maritime praticable avec des embarcations légères. C’est le cas des migrants africains, noirs ou maghrébins, à travers le détroit de Gibraltar, vers les pays européens de l’ouest, ou des Turcs en direction des pays de l’Europe centrale.

Cette forme d’immigration sauvage, caractérisée par un nombre effrayant d’accidents mortels, s’est accrue d’année en année sans que le reste du monde ne s’en émeuve autrement qu’à l’heure des informations sur ses téléviseurs.

Considérations culturelles, et en particulier religieuses

Toute immigration réussie de personnes issues d’un autre pays suppose que soient intégrées harmonieusement par les nouveaux venus les différences culturelles, linguistiques, éthiques, philo­sophiques et religieuses existant entre le pays d’origine et le pays d’accueil.

Plus ces différences sont nombreuses et qualitativement différentes, plus malaisée sera l’acceptation des immigrants par la population locale, et par conséquent plus susceptibles d’entraîner rejets et conflits, et par suite la ghettoïsation des nouveaux arrivants.

Parmi les différences possibles, certaines sont plus ou moins superficielles, ou plus ou moins difficiles à réduire. Les pures conventions sociales s’adoptent assez rapidement par l’observation et l’imitation, si elles ne mettent pas en cause des convictions plus profondes. La langue du pays, si elle n’est pas connue, s’apprend vite si elle est désirée et que le courage est là, mais prend du temps. Les habitudes culturelles peuvent présenter quelques difficultés en fonction de l’âge de l’immigrant, mais une connaissance, même réduite, de l’histoire du pays d’accueil peut en faciliter la compréhension.

Les convictions religieuses sont plus délicates, car elles conditionnent le MOI profond, l’inconscient. À l’intérieur d’un même groupe de religions (christianisme, islamisme ou bouddhisme,…), tout est plutôt question de rites que de différences de conviction, et ne doit pas poser beaucoup de problèmes.

Par contre, l’appartenance de l’immigrant à un autre groupe religieux que celui de la majorité du pays d’accueil est problématique. Ainsi du musulman. Dans ce cas précis qui nous intéresse au Québec, la différence n’est pratiquement pas intégrable, et ceci pour une raison simple : alors que les différents rites et commandements du christianisme ont abandonné la prétention de couvrir des contenus politiques et éthiques exclusifs, depuis la fin des monarchies et l’avènement des démocraties représentatives, le sunnisme comme les différents chiismes musulmans subordonnent aux textes sacrés, et notamment au coran, le fonctionnement politique, culturel et éthique de la société. La structure civile définie par eux prend alors des valeurs religieuses irrévocables par la seule volonté de l’Homme.

Il est vrai que l’Islam est une jeune religion par rapport au christianisme (six siècles d’écart), et qu’elle évoluera nécessairement d’elle-même, à la condition toutefois qu’elle ne se trouve pas contrainte à le faire par des puissances extérieures à l’Umma (communauté des croyants), comme c’est actuellement le cas, ce qui aurait pour unique résultat d’accrocher davantage encore à leurs croyances les populations dont c’est la religion.

En effet, l’évolution d’une religion, dans ses pratiques comme dans ses convictions, ne peut s’effectuer que de l’intérieur, contrairement à ce qui peut se passer à propos d’une théorie politique ou scientifique. Ceci parce que nous ne nous trouvons pas ici dans un cadre rationnel de pensée, puisque le propre d’une religion est précisément d’évoluer dans l’irrationnel. Malheureusement, les puissances envahissantes ne se soucient guère de ce “détali“, puisqu’elles croient agir au nom de leur vérité propre, la seule, ce qui ne leur permet pas de comprendre la cause de leurs échecs.

De tous les problèmes posés par l’immigration de musulmans dans les pays occidentaux, ceux qui relèvent de la culture et des religions, sont donc de loin les plus marquants, et surtout les plus irréductibles. À travers l’immigration, des populations hétérogènes qui s’ignoraient à peu près totalement jusqu’ici, se rencontrent presque inopinément et de manière abrupte, sans préparation aucune, ni d’un côté, ni de l’autre.

Les populations d’accueil voudraient bien que les nouveaux arrivants adoptent leur culture, c’est-à-dire leurs valeurs, leur façon de penser le monde et le “vivre ” avec l’autre, et, pourquoi pas aussi, leur religion considérée seule légitime et vraie. En tous les cas, elles pensent que, étant la population accueillante, c’est aux arrivants qu’il convient de s’adapter à eux, et pas le contraire.

Quant à la population arrivante, elle croit qu’elle va pouvoir vivre de la même manière que dans le pays qu’elle a quitté, puisqu’on lui a dit que le Québec est un pays où règnent la liberté et l’égalité.

Et ce qui ajoute à l’incompréhension des uns et des autres, les nouveaux arrivants ont emmené avec eux leur propre culture, c’est-à-dire leurs propres valeurs, leur propre façon de penser le monde et de vivre avec l’autre, et, bien entendu aussi, leur propre religion, laquelle, par nature et acceptation volontaire, détermine les moindres moments de leur vie civile ! Mais c’est tout ce qui leur reste pour conserver une personnalité, un “chez eux ” ; c’est leur seul bien lorsqu’ils arrivent. Et on leur demande d’abandonner tout cela d’un seul coup !

Les kits de civilisation, ça n’existe pas, en solde, chez le quincailler du coin !

Cette exigence relève tout simplement de la plus pure naïveté! Elle est un signe de profonde ignorance. Des comportements acquis au sein de familles et de sociétés croyantes ne peuvent en effet s’effacer au cours de la première génération d’immigrants. Je pense même qu’une déculturation trop rapide peut être dangereuse pour le pays d’accueil, en suscitant des comportements marginaux, tels que le trafic de drogue ou d’autres activités prohibées ou criminelles. S’il est laissé à lui-même ou percevant une quelconque menace d’exclusion par la population d’accueil, un comportement de ghettoïsation avec ses compatriotes d’émigration est possible, sinon naturel, initiant une coupure sociale plus ou moins définitive avec la population locale, qui devient l’ennemi, et réciproquement.

L’émigration est un projet qui se prépare :

Lorsqu’une personne étrangère prend la décision d’émigrer au Québec ( par exemple ), sa connaissance de son nouveau pays est nécessairement lacunaire, et peut, à l’extrême, se vivre dans une sorte de rêve ou de fiction idéalisée. Les formalités administratives de départ prennent souvent le pas sur toute autre préoccupation de ce qui attend réellement l’émigrant.

Or, une préparation sérieuse et approfondie au pays d’accueil est pourtant indis­pensable et devrait être conduite et gérée par les autorités consulaires du pays d’accueil dans le pays de départ, et longtemps avant le départ. Aucun détail ne devrait être laissé de côté : langue, histoire, géographie, culture, mœurs, religion, traditions, etc. Les résultats à un examen éliminatoire devraient fixer la date possible du départ. Sans le respect de cette condition préalable, qui devrait impliquer tous les membres de la famille de l’émigrant, l’aventure de l’émigration est d’avance vouée à l’échec.

Enfin, la question de l’équivalence des diplômes doit être parfaitement clarifiée pour le postulant. Il est impératif de détecter et de gommer toute illusion particulière dans son attitude mentale à l’égard de ce qu’il attend de son futur pays.

Des degrés dans la foi :

Lorsque l’émigrant appartient à une autre religion que celle qui est majoritaire dans le pays d’accueil, des précautions particulières sont à prendre.

En particulier, il est important que la population d’accueil ne commette pas l’erreur de considérer qu’une attitude unique définit la totalité des croyants d’une religion donnée. Dans les faits, il existe un éventail très large d’attitudes mentales et intellectuelles possibles à l’égard de la foi, au sein de toute population croyante. Ce positionnement peut en effet varier de l’attachement exclusif aux seuls rites, symboles et traditions de la religion concernée ( aspects purement visibles de la foi ), à une intellectualisation de la foi menant à une conception spiritualisée du monde ( aspects immatériels et invisibles de la foi ).

Du positionnement sur ce très large éventail dépend très étroitement le succès ou l’échec de l’intégration sociale de tout individu dans une société nouvelle. Difficulté extrême pour les individus situés au début de cet éventail, aisance harmonieuse pour ceux qui se situent à l’autre extrémité. Aussi, traiter tous les immigrants de la même manière constitue une erreur irrattrapable.

Le positionnement d’un croyant donné sur cet éventail dépend de plusieurs facteurs sociaux : le positionnement moyen de sa famille, son niveau d’instruction et son âge.

Les jeunes d’abord, future élite du pays d’accueil :

Du côté du pays d’accueil, la politique d’immigration repose en général sur la nécessité d’accroitre la population du pays, soit pour des défauts de main-d’œuvre, soit pour compenser son vieillissement. Dans les deux cas, le besoin doit se porter évidemment sur une immigration jeune, plutôt que sur des familles déjà constituées. La thèse de Guillaume Marois, dont l’adresse se trouve en note de bas de page[i], montre que faire immigrer des familles dont les parents ont entre 30 et 40 ans ne concourent que très peu à lutter contre le vieillissement de la société. Cette immigration-là ne répond donc pas au rôle qu’on lui attribuait jusqu’ici.

Par conséquent, le pays d’accueil aura tout intérêt à former lui-même de jeunes célibataires qui se joindront à ceux du pays, et se marieront éventuellement avec des citoyens ou citoyennes du pays. D’où la recommandation que l’on peut faire aux gouvernements de pratiquer une politique la plus large possible de bourses d’études, dès avant l’entrée à l’Université, en amont de l’immigration telle qu’elle est actuellement pratiquée.

Cette politique aurait l’immense avantage d’intégrer des jeunes gens qui auraient obtenu des diplômes universitaires du pays d’accueil, et d’éviter par conséquent les problèmes posés par la non-équivalence de diplômes entre les deux pays. Elle éviterait ainsi le choc culturel produit par la nécessité pour beaucoup de diplômés étrangers de survivre en devenant chauffeurs de taxi ou de pratiquer tout autre métier inférieur à celui auquel ils auraient pu prétendre en restant dans leur pays natal. Cette solution suppose la mise en place d’actions proactives dès le niveau collégial dans tous les pays répondant aux critères de sélection souhaités par le gouvernement du pays d’accueil.

Elle rendrait également plus aisée l’intégration du reste de la famille d’un jeune diplômé, qui voudrait émigrer à son tour, car un lien aurait déjà été établi, premier lien qu’il n’y aurait plus alors qu’à élargir.

CONCLUSION : Les migrations humaines en général

Le phénomène migratoire est une caractéristique du vivant. Il touche aussi bien les végétaux que les animaux, dont les humains, mais aussi tous les micro-organismes, utiles ou nuisibles à l’Homme.

De ce fait, le phénomène migratoire devient une caractéristique fondamentale de la planète elle-même. Une grande partie des éléments structurels de la planète résultent eux-mêmes de l’activité migratoire du vivant : pétrole, charbon, phosphates, dépôts minéraux divers.

Deux exemples illustrent de manière frappante la complicité migratoire entre les éléments de vie et les éléments purement physiques de la planète. :

Les végétaux, immobilisés par nature à un endroit précis de la surface terrestre, migrent malgré tout avec l’aide des vents qui animent l’atmosphère gazeuse de la planète. Les graines des végétaux sont emportées au loin par eux, et s’implantent là où ils les déposent. Dans le cas des végétaux marins, leurs graines sont de leur côté emportées également au loin, mais cette fois, ce sont les courants marins qui en prennent la responsabilité.

À cet endroit, on peut remarquer que vents et courants sont le résultat de l’exposition au soleil de notre planète sous deux autres mouvements, rotation sur elle-même et déplacement le long de l’orbite solaire, qui est une ellipse. En passant, on pourra noter le fait qu’il n’existe aucune réalité strictement circulaire dans la nature. Le cercle est un pur produit de l’esprit humain.

Si on continue ce raisonnement, il semble clair que ces deux mouvements dépendent à leur tour de ceux qui animent l’ensemble de l’univers, dans lequel le soleil se meut lui aussi selon des règles décodées par la science. En définitive, aucun objet dans l’univers n’est immobile, depuis l’extrêmement petit jusqu’à l’extrêmement gigantesque.

À ce point de mon développement, il devient évident que le phénomène migratoire des humains est une résultante des lois de fonctionnement de l’univers. Une constante historique vient montrer qu’aucune action humaine pour le contrarier n’a réussi jusqu’ici à l’inhiber. C’est le cas des murs et des murailles que certaines sociétés ou empires ont érigés pour se protéger ou s’isoler des autres.

Citons pêle-mêle la Grande muraille de Chine, toutes les forteresses, les limes romaines, la ligne Maginot, le mur de l’Atlantique, etc. Elles ont toutes été tournées ou détruites. L’Humain ne peut durablement s’opposer aux mouvements, et donc pas davantage aux migrations, sinon très temporairement.

Le mur élevé par Israël pour se protéger des intrusions subit sans arrêt des destructions par les Palestiniens et il faut sans cesse le réparer. Un jour, on cessera purement et simplement de le faire, car il est impossible de continuer une même action de manière indéfinie. L’Histoire nous en est témoin, et il est peu probable que cela change. Il en sera de même du mur érigé par les États-Unis le long de sa frontière Ouest avec le Mexique, pour tenter d’empêcher les invasions des Mexicains.

Sur un plan plus général, les invasions n’ont jamais été arrêtées par la force. Il n’existe pas d’exemple contraire dans l’Histoire. Les limes n’ont pu protéger l’Empire romain des grandes invasions, ni le mur d’Adrien n’a empêché l’invasion de l’Angleterre par les Calédoniens. Les expéditions d’Alexandre le Grand ont remodelé le Moyen-Orient. Celles des peuples occidentaux ont remodelé les deux Amériques et l’Afrique. Et j’en oublie probablement.

Ce n’est pas jusqu’à la pensée qui ne soit sous l’empire du phénomène migratoire. Tout ce qui fait le présent, ce mince espace de temps fugitif, est sans cesse balayé par le surgissement du futur. Les théories, les doctrines et les religions ne cessent de migrer vers de nouvelles théories, doctrines et religions. Sans aucune interruption. Vouloir lutter contre cette vérité est illusoire.


[1] Guillaume Marois

Démystification de l’impact de l’immigration sur la démographie québécoise

www.bibliotheque.assnat.qc.ca/01/mono/2007/10/949645.pdf

© André Serra

http://andreserra.blogauteurs.net/blog


[i] Guillaume Marois

Démystification de l’impact de l’immigration sur la démographie québécoise

www.bibliotheque.assnat.qc.ca/01/mono/2007/10/949645.pdf

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Ce sont les migrations de la seconde partie du XXe siècle qui ont fait apparaître les contradictions culturelles existant entre les peuples, notamment dans le domaine religieux. Jusque-là, l’humanité se trouvait sous la domination de ce qu’on appelle encore malheureusement l’occident chrétien.

Les populations occidentales pratiquaient sans vergogne le “colonialisme”, dont la base reposait sur la conviction que les populations non occidentales étaient arriérées, et que par conséquent on devait, par l’éducation ou par la force, les amener à ressembler à elles-mêmes. Comme si cela était possible ! Les religions chrétiennes constituaient aux yeux des colonialistes une vérité indépassable. Ils ne s’étaient pas encore rendu compte que ces fictions chrétiennes étaient au moins aussi absurdes et primitives que celles qu’elles rencontraient dans les pays qu’ils envahissaient.

Pourtant, chemin faisant, le niveau d’éducation continuant à s’élever dans les populations occidentales elles-mêmes, de plus en plus d’universitaires, intellectuels ou scientifiques se guérissaient progressivement du virus de la religion, sans cependant oser encore manifester leur accès à cette salutaire libération, car leur part dans la population ne grandissait qu’assez lentement, leur liberté de penser étant toujours montrée du doigt par les grands troupeaux de ceux qui persistaient à croire que l’univers avait été créé par un ectoplasme.

Aux États-Unis, encore aujourd’hui, il ne fait toujours pas bon de se déclarer athée, si l’on veut pouvoir occuper certaines fonctions, ou même tout simplement trouver du travail, les “sans religion” passant encore pour des êtres immoraux. Ce résidu sociologique prouvant ainsi que la richesse ne connote pas toujours l’intelligence.

On sait que le virus religieux est transmis par l’éducation familiale et que l’éradication des religions sera par conséquent fort lente. En effet, Freud a bien décrit le processus d’infection en 1927 dans “L’avenir d’une illusion” :

À mon avis, il faudrait très longtemps à un enfant non influencé pour qu’il commence à se faire des idées sur Dieu et les choses au-delà de ce monde. Peut-être ces idées emprunteraient-elles alors les mêmes voies que celles qu’elles ont prises chez ses aïeux, mais on n’attend pas que ce développement ait lieu, on lui sert les doctrines religieuses à un moment où il n’a encore ni intérêt pour elles, ni la capacité d’en saisir la portée. Retarder le développement sexuel et hâter l’influence religieuse sont bien les deux points principaux du programme de la pédagogie d’aujourd’hui, n’est-ce pas ? Lorsqu’ensuite s’éveille la pensée de l’enfant, les doctrines religieuses sont devenues d’ores et déjà inattaquables.

En ce qui concerne le retard du développement sexuel, les mouvements survenus dans la jeunesse en 1968 y ont mis bon ordre. Pour le virus religieux, il faudra sans doute attendre plus longtemps.

Pour le moment, on en est encore à considérer que les religions font toujours partie du décor, et notamment de la culture. Et c’est au nom des cultures nationales que l’on exige que les immigrants venus d’une autre planète en adoptent les valeurs séance tenante, dès qu’ils ont passé la frontière de l’occident. Ce faisant on commet deux erreurs tragiques.

La première consiste à ne pas comprendre que la difficulté de ces gens-là à “s’assimiler ou s’intégrer” (quels vilains mots !) n’est pas l’œuvre d’une mauvaise volonté de leur part, mais de la même infection religieuse dont souffrent comme eux les Occidentaux, celle de ce virus intellectuel qui les porte à croire à l’existence de l’ectoplasme dont je parlais au début de cet article.

La seconde est de s’imaginer qu’il est possible aux populations immigrantes de se débarrasser de leur virus et des conséquences sociologiques qui en résultent, alors que les Occidentaux n’y sont pas eux-mêmes parvenus en ce qui concerne le leur ! Ce n’est qu’au fil des générations que cette transformation serait possible, à condition cependant que l’éducation de leurs enfants soit aussi ouverte que l’est généralement à présent celle des nôtres.

Que toutes les religions soient éradiquées, et toutes leurs conséquences culturelles ( je préfèrerais dire : sociologiques ) disparaitraient comme par enchantement. Plus de burka, plus d’exclusion des femmes, plus de prêtres ni d’imams manipulateurs, plus de dogmes creux et… plus de minarets !

On n’en est pas là !

Alors pourquoi nous sommes-nous donné cette difficulté en acceptant cette “colonisation inverse” que constitue l’immigration ? On sait que les raisons en sont bassement économiques. Il était tellement intéressant de se pourvoir d’une main d’œuvre aux salaires misérables ! Vision de myope !

On a ainsi contrarié le mouvement naturel de l’évolution humaine. Restés chez eux, les immigrants dont on ne sait plus que faire à présent avec la progression fulgurante de la productivité induite par l’électronique, leurs sociétés auraient bien entendu évolué comme les nôtres, et l’on aurait pu contribuer à cette transition.

C’est ce qu’ont fait les Chinois, dont l’émigration a été relativement légère, si on l’apprécie par rapport à l’ampleur de leur population. Non seulement ils nous ont presque rattrapé dans beaucoup de domaines, mais ils vont bientôt nous précéder dans la marche vers une société mieux gérée. Il est vrai qu’ils n’ont pas à lutter, eux, contre un virus religieux, et qu’ils maintiennent fermement sous contrôle les tentatives d’infection des religions occidentales, notamment évangéliques.

Alors que faire à présent que ces populations migrantes sont parmi nous ? Pas grand chose, à mon avis. Il faut bien entendu commencer par cesser d’en accepter les aspects dominateurs ! Cela ne fait que les encourager à rester ce qu’ils sont.

Ils sont aussi des humains, et donc dotés des mêmes capacités de développement que nous. Ils nous le montrent souvent. Pourquoi ne les consacrent-ils pas à leurs pays d’origine ?

Ensuite, sans doute, arrêter d’en accepter davantage chez nous. Évidemment pas dans un esprit d’exclusion, mais pour les laisser évoluer au sein de leur propre culture actuelle, tout en multipliant les échanges humains entre tous les pays de la terre, dans le respect mutuel des uns et des autres, de manière à ce qu’un jour tous les peuples du monde aient chassé ces vilains virus qui nous infectent tous, de manière à se retrouver unis et forts contre tous les autres dangers qui menacent notre planète.

On n’en a qu’une !

© André Serra

http://andreserra.blogauteurs.net/blog/

http://cybercanard.com

Cet article répond aux règles de la nouvelle orthographe

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Dans la conjoncture du Moyen-Orient, un moment décisif vient d’être atteint avec la décision d’Obama d’y propulser 40 000 soldats de plus, dont 10 000 à attendre de la part de ses alliés à-plat-ventristes de l’OTAN. L’interprétation de cette décision est délicate et complexe, car elle met en cause plusieurs questions différentes.

Elle oblige d’abord à revenir sur la question irakienne. La décision d’Obama semble mettre de côté cette question, comme si elle était définitivement réglée et classée, ce qui est fort loin d’être le cas.

En effet, si la paix semble être revenue dans le pays, peu d’incidents étant à signaler, mais si personne ne semble s’en apercevoir, c’est parce que les Étasuniens ne veulent pas avouer qu’ils ont totalement perdu la maîtrise des évènements qui s’y déroulent. Car ce n’est pas de leur fait que la paix règne à présent en Iraq. C’est en effet l’action de l’Iran qui se trouve à la source de cette pacification. Expliquons pourquoi.

Il convient de se rappeler que les chiites représentent 65% de la population irakienne, et occupent tout le sud, où se trouve l’essentiel des ressources pétrolières, le reste de la population se trouvant en zone kurde avec le reste du pétrole du pays, et en zone sunnite, pratiquement dépourvue de pétrole. La population chiite a été opprimée et persécutée par les sunnites pendant toute la durée de la dictature de Saddam Hussein. Une bonne partie de son élite, ainsi que les familles qui en avaient les moyens, ont émigré à cette époque en Iran, où les mollahs chiites les ont recueillis.

À ce propos, il est nécessaire de rappeler que sunnites et chiites irakiens sont des musulmans arabes, alors que les chiites iraniens sont des musulmans persans. Ajoutons quelques mots pour expliquer la séparation intervenue entre les sunnites et les chiites, après l‘assassinat d’Ali en 661. Ces indications sont cependant très simplifiées, car la lutte complexe entre les sunnites et les chiites s’étendit sur une longue période, et n’est pas l’objet de ce court article

Ali était le cousin et le gendre du Prophète. Peu avant sa mort, ce dernier désigna Ali comme son successeur. Une grande partie des musulmans considéraient qu’il était préférable que le successeur du fondateur de l’Islam soit choisi dans sa famille et acceptèrent cette décision. Ce furent les chiites d’Ali (ou partisans d’Ali). Mais les chefs des tribus arabes, anciens adversaires de Mahomet, appelés par la suite ” sunnites ” ( de sunna, la tradition du Prophète ) estimèrent au contraire que le successeur de Mahomet devait être choisi parmi eux, et serait nommé Calife. D’où l’institution du Califat chez les sunnites.

De ce litige résultèrent des heurts violents entre sunnites et chiites, qui ensanglantèrent pendant longtemps les rapports entre les deux camps, un peu à la manière des catholiques et des protestants au moment de la Réforme, mais pour des raisons totalement différentes. Je passe volontairement sur les détails de moindre importance.

On remarquera donc, à propos des populations de l’Iraq et de l’Iran, que c’est la religion qui les rapproche ou les divise, et non les ethnies auxquelles elles appartiennent respectivement. Bien qu’arabe l’une et l’autre, les factions chiites et sunnites de l’Iraq sont profondément divisées, alors que les chiites arabes et les chiites persans s’entendent relativement bien entre eux. Notons qu’en Iran les chiites représentent 89% de la population, et les sunnites moins de 10%. Les chiites y sont donc largement dominants, comme d’ailleurs aussi en Irak, où les proportions sont de 64% pour les chiites et 36% pour les sunnites, mais ces derniers se partagent sensiblement à égalité entre les Arabes (et anciens partisans de Saddam Hussein) et les Kurdes. Or ceux-ci sont pratiquement autonomes depuis l’invasion, alliés des chiites à l’Assemblée nationale, et c‘est l’un des leurs qui est actuellement le président du pays, Jalal Talabani.

***

À partir de l’invasion américaine, les choses changèrent du tout au tout, quoique pas dans le sens que l’auraient désiré les conquérants. La première décision des proconsuls étasuniens fut de dissoudre l’armée irakienne, qui avait maintenu jusque-là l’ordre dans le pays, sous la dictature (sunnite) de Saddam Hussein, en dépit des dissensions sanglantes régnant entre les trois groupes qui l’habitent, sunnites arabes, sunnites kurdes et chiites arabes. Les envahisseurs étasuniens assassinèrent ensuite le dictateur sunnite pour des raisons sur lesquelles ils auraient pu tout aussi bien s’appuyer pour faire pendre leur propre chef à ses côtés, George Bush junior. [ Mais çà, c'est juste une opinion personnelle ]

Par leur ignorance de ce qu’était l’Iraq, les Étasuniens avaient ainsi libéré d’un seul trait de plume la communauté chiite iraquienne de leurs deux ennemis historiques. Après une forte résistance de l’imam chiite Sadr et de son armée du Mahdi (équivalent à ” messie “), toute résistance violente des chiites s’arrêta sous l’influence des Iraniens, qui en calmèrent énergiquement le jeu par l’intermédiaire des chiites irakiens exilés en Iran pendant la dictature de Saddam, et revenus dans leur pays après l’invasion étrangère. Ils agirent cependant de manière totalement discrète, sans jamais se prévaloir de leur influence, et sans que les Étasuniens ne se rendent compte qu’ils agissaient par dessus leurs têtes.

Bien que les Étasuniens se soient plaint à de multiples reprises de l’irruption des Iraniens dans le pays, sans toutefois en découvrir la raison ni les missions, ils ne comprirent pas que leur action avait eu pour résultat, non seulement de ramener l’ordre là où les envahisseurs avaient créé le chaos, mais aussi d’établir sur la population du pays un ascendant très important qui allait les amener à prendre progressivement possession de la totalité du pays, à la barbe des troupes étasuniennes, notamment dans le sud, où ils gèrent actuellement à leur profit, et en toute liberté, l’économie du pétrole de la zone de Basra (Bassora). Rappelons qu’actuellement l’Assemblée nationale est en majorité chiite, que le Premier ministre, Nouri al-Maliki, est un chiite favorable à l’Iran, et que les trois quarts des ministres le sont aussi.

Ce qui permit aux Iraniens d’être aussi discrets fut la tentation des militaires de s’attribuer tout le mérite d’avoir réussi la pacification du pays. Mais ce vilain défaut faisait parfaitement l’affaire de l’Iran.

L’explication du report de l’action étasunienne en Afghanistan se trouve là, dans la prise de pouvoir souterraine de l’Irak chiite par l’Iran. Voici pourquoi et comment :

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Ici aussi nous devons faire un autre retour en arrière, cette fois dans la stratégie étasunienne. Pour à peu près tout le monde, l’invasion de l’Iraq décidée par Bush et son clan semblait sous-tendue par la volonté de s’emparer du pétrole irakien, en prétextant que Saddam Hussein possédait des armes de destruction massives illégales. Bush et son petit monde étaient très contents de cette erreur de l’opinion publique, car elle les aidait à masquer leurs véritables intentions aux yeux de ceux qu’ils voulaient réellement atteindre.

De la même manière, l’agression contre l’Afghanistan avait vraisemblablement été montée de toutes pièces à travers la destruction des tours du WTC, pour justifier leur irruption en Asie en plein milieu de l’articulation du monde chinois et du monde russe, juste en dessous des cinq anciennes possessions musulmanes de l’U.R.S.S., encore sous forte influence russe.

D’ailleurs, la première chose que le gouvernement étasunien fit, avant même d’entreprendre leur voyage vers le Moyen-Orient, fut de demander à ces cinq pays d’accepter la construction de bases militaires des É-U sur leurs territoires pour les aider, ce qu’ils consentirent sous le coup de l’émotion de l’époque, alors qu’il aurait été tellement plus normal pour les É-U d’établir directement ces bases en Afghanistan, ou plus simplement de les obtenir du Pakistan, encore plus proche de Kaboul, et accessible par mer.

Depuis, la Russie a réussi à pousser ces cinq pays à exiger la fermeture de quelques-unes de ces bases. Mais les É-U ont beaucoup renâclé avant d’en évacuer certaines, mais pas toutes. Dans certains cas, ces pays ont accepté d’accueillir des bases russes pour rétablir l’équilibre des forces. Toujours est-il que cette tentative des Étasuniens n’était évidemment pas innocente…

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Il suffit de regarder une carte de l’Asie pour comprendre immédiatement l’idée géopolitique de “l’Empire étasunien“, qui pensait bien pouvoir s’offrir un siècle hégémonique supplémentaire. Mais voilà, s’ils ne sont pas très futés, ils ont tout de même des yeux pour voir, et si leurs naïfs alliés occidentaux les suivent aveuglément avec des manières de colonisés, eux ont très bien vu l’arrivée de Deng Xiao Ping à la tête de la Chine, celle de Poutine au Kremlin, et plus récemment de Lula à Brésilia et de Chavez à Caracas, en bordure du golfe du Mexique. Et ils ont donc parfaitement compris que ces mouvements géopolitiques ressemblaient de plus en plus à un siège, qui se resserrait progressivement autour d’eux.

L’Amérique a donc cherché à desserrer cet encerclement progressif par des actions de domination, selon leur habitude historique. Leur tentative de dominer économiquement la Chine a échoué. Ils ont bien laissé leurs usines sur le continent asiatique, mais en ont rapidement perdu la maîtrise, car les Chinois les ont vus venir. Malgré leurs autres initiatives, sous couvert de démocratie et de droits humains, ils n’ont pu empêcher Le Tibet et Taïwan de rester dans le giron de la Chine.

Évènement passé inaperçu lors du soixantième anniversaire de la création de la République Populaire de Chine, la délégation taïwanaise a défilé à Beijing le 1er octobre 2009, en tant que province chinoise, et non en tant qu’État invité. Personne ne semble avoir remarqué cette particularité étonnante, pourtant tout à fait significative.

Enfin, en aout 2008, la Russie a bloqué l’offensive géorgienne contre l’Ossétie du Sud dans le Caucase, plus ou moins tentée avec l’assentiment de Washington pour tester Poutine, Premier ministre de Russie, à ce moment précis en train d’assister aux Olympiques de Beijing. Les Étasuniens ont rapidement été fixés sur le respect que leur portaient les Russes.

Leur restent malgré tout aujourd’hui les Européens. Mais ils sont tout de même en train de s’unir, de peine et de misère, et, né il y a moins de 10 ans, l’euro leur tient la dragée haute, quelquefois même un peu trop à leur goût.

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Débordés par une crise mondiale qu’ils ont provoquée par maladresse, et à laquelle ils n’ont su répondre que par une hausse artificielle de leurs bourses, au milieu d’un endettement insoutenable, les États-Unis cherchent désespérément une issue. S’ils vont sans doute terminer 2009 avec des indices encourageants, la pérennité de ceux-ci n’est pas assurée, et beaucoup de gens sont sceptiques quant à la poursuite de ce qu’ils présentent comme une sortie de crise. Il est vrai qu’il leur fallait bien enrober le suppositoire que constitue l’envoi d’une nouvelle armada en Afghanistan, d’un peu de nourritures terrestres ! Un long enchaînement d’épées de Damoclès s’aiguise cependant encore dans leur ciel.

Contraints d’abandonner l’Iraq, puisqu’il leur est progressivement, mais sûrement soutiré par l’Iran, Obama et ses militaires ont finalement jeté leur dévolu sur l’Afghanistan où leur armée est enlisée en compagnie des supplétifs fournis par leurs adorateurs de l’OTAN, ruine sans avenir de l’époque stalinienne.

Il tente à présent de poursuivre l’idée géopolitique de la génération Bush, c’est-à-dire essayer de reprendre les rênes de l’Occident autour d’un projet déjà largement dépassé. Mais surtout, il croit encore possible de s’infiltrer entre la Russie et la Chine, soudées dans l’OCS [ l'Organisation de Coopération de Shanghai ]. Une véritable fuite en avant ! Elle fait penser à Napoléon devant Moscou en flamme ou à Hitler grelottant sur la Volga, dans Stalingrad. La Bérézina n’est plus très loin !

Presque tous les analystes militaires et politiques, aussi bien dans le monde qu’aux États-Unis, affirment qu’il faudrait des effectifs de 300 à 500 000 hommes pour parvenir à stabiliser l’Afghanistan, et Obama espère malgré tout parvenir à n’en aligner que 140 000 d’ici 18 mois !

Il a cependant trouvé une argumentation imparable pour soutenir son antépénultième stratégie. À de jeunes officiers de West Point, qui n’apprennent plus ni l’histoire ni la géographie, il a dit, en levant très haut le menton selon son habitude :

” Si je ne pensais pas que la sécurité des États-Unis et des Américains était en jeu en Afghanistan, j’ordonnerais avec plaisir le retour de chacun de nos soldats dès demain. “

C’est incroyable ! Ainsi, le sort des États-Unis se trouvait entre les mains des Talibans, et nous ne le savions pas !

Obama a de la buée dans les yeux !

André Serra

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Cet article répond aux règles de la nouvelle orthographe

Lecture conseillée : Robert BAER - “Iran : l’irrésistible ascension” - folio documents N°49

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Dans « Le choc des civilisations », Samuel Huntington a cru pouvoir démontrer en 1996, que l’opposition entre l’occident chrétien et l’islam était irréductible, et qu’il fallait donc s’attendre à une nouvelle guerre froide entre ces deux camps, guerre qu’il faudrait peut-être anticiper un jour. Sous-jacente à cette thèse perçait l’idée de la nécessité d’une hégémonie permanente des États-Unis pour garantir la sécurité du monde occidental.
Pendant quelque temps, cette thèse a réussi à bouleverser les milieux intellectuels et politiques des pays occidentaux, en pleine crise de l’immigration musulmane en Europe. Il n’y a rien d’étonnant à cela, lorsqu’on sait que Zbigniew Brzezinski a dit de ce livre : « Un tour de force intellectuel : une œuvre fondatrice qui va révolutionner notre vision des affaires internationales. », et puisque ce dernier a lui-même écrit en-tête de la conclusion de son propre livre paru en 2004, « Le vrai choix » : « L’hégémonie mondiale américaine est désormais une réalité établie. Nul ne peut la nier,… ». Il concède cependant quelques lignes plus bas que cette hégémonie ne sera pas éternelle.
Pourtant l’analyse de Huntington était superficielle et partiale. Dans ce court article, il est impossible de le citer longuement. Je me contenterai de rappeler une seule phrase, située à la page 310 de son édition de poche : « Tant que l’islam restera l’islam (ce qui est certain) et que l’Occident restera l’Occident (ce qui l’est moins), ce conflit fondamental entre deux grandes civilisations et deux modes de vie continuera à influencer leurs relations à venir, tout comme il les a définies depuis quatorze siècles. ».
L’opposition entre les textes des parenthèses de ce passage montre l’absence d’un réel esprit scientifique chez Huntington. Il sous-entend clairement que seul l’occident est susceptible d’évolution, alors que l’Islam ne l’est pas. Il ne tente même pas de démontrer ces deux assertions, et de nombreuses affirmations non argumentées de ce genre jalonnent son essai. En définitive, tout concourt dans ce livre à faire penser que cette prétendue étude n’avait pour but que de convaincre le lecteur de préjugés présents dans l’esprit de son auteur, et que ce dernier se préoccupait seulement de les emballer de manière convaincante. L’œuvre ne montre en effet aucun souci d’une quelconque objectivité historique, qui aurait pu se fonder sur une analyse comparée des religions au cours de l’histoire et sur celle de l’évolution géopolitique du monde.
En 2008, la déconfiture économique et militaire des É-U est cependant patente. Ce pays devra sans doute laisser bientôt la place du dollar à l’euro en tant que principale monnaie d’échange dans le monde, et a échoué dans sa tentative militaire de régner sur le Moyen-Orient. Quelle confiance peut-on accorder à un auteur qui se prétend expert en géostratégie, et qui s’est si lourdement trompé sur la situation de son propre pays ?
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Emmanuel Todd et Youssef Courbage s’inscrivent en faux contre les thèses de Huntington, dans « Le rendez-vous des civilisations (Seuil - 2007) », en qualifiant « Le choc des civilisations » d’« exégèse faussement savante des textes sacrés ».
Mais leur livre ne vise pas principalement à démentir Huntington. Ils préfèrent présenter une étude, particulièrement élaborée celle-là, des évolutions anthropologiques de l’ensemble des sociétés dites occidentales et musulmanes, reposant sur des statistiques parfaitement établies de trois critères principaux qui sont : l’évolution des taux d’alphabétisation masculin et féminin des groupes étudiés, celle des taux de fécondité et celle de la pratique des religions. Ils montrent enfin de façon tout à fait indubitable l’existence d’une corrélation entre la baisse de la pratique religieuse dans le monde avec celle de la fécondité, et celle de la baisse de la fécondité avec l’augmentation de l’alphabétisation des femmes après que celle-ci ait atteint le taux de 50% de la population étudiée.
Les variations de ces lois de corrélation sont soigneusement étudiées et expliquées. L’ensemble de l’étude permet d’affirmer que les sociétés musulmanes ont entamé depuis plusieurs décennies un mouvement de déconfessionnalisation, et que c’est précisément ce mouvement qui entraîne une résurgence des pratiques religieuses dans une certaine partie de la population, celle qui se trouve en mal d’identité, avant d’en retrouver une autre.
Todd et Courbage rappellent à ce propos que la même résurgence s’est manifestée dans le monde chrétien au moment de la réforme protestante, à l’époque des Lumières et à celle de la révolution scientifique. « L’intégrisme n’est qu’un aspect transitoire de l’ébranlement de la croyance religieuse, dont la fragilité nouvelle induit des comportements de réaffirmation. »
À titre personnel, j’ajouterai à cette brillante étude le commentaire suivant : actuellement l’Occident, mais plus spécifiquement les É-U, administre aux pays musulmans une pression indue qui tente de troubler la vitesse naturelle du cours de l’histoire pour accélérer l’évolution des mentalités de leurs populations. C’est une tentative illusoire et inefficace dont le résultat a pour seul résultat de prolonger dangereusement la période de transition historique de ces pays. Or les travaux de Todd et Courbage montrent que cette période est toujours caractérisée par des troubles et des violences provoqués par une grande tension entre la naissance de nouvelles mentalités et la résistance des anciennes. Sous l’agression, leur tendance naturelle est de surcompenser leur stress par un retour à la pratique religieuse. C’est ce que je montre moi-même dans un article récent en trois parties : Extrémisme : terrorisme ou résistance.
Mieux vaudrait au contraire laisser cette tendance historique naturelle se dérouler d’elle-même, sans pressions extérieures. Elle est déjà engagée dans beaucoup de pays, nous assurent Todd et Courbage en nous mettant sous les yeux les preuves de la déritualisation de la chrétienté. Après tout, celle-ci s’est effectuée naturellement sans pression extérieure. Elle n’est même pas encore achevée aujourd’hui.
D’ailleurs, en ce qui concerne les États-Unis eux-mêmes, ce reflux de la croyance religieuse est à peine commencé. C’est sans doute pour cela qu’ils montrent une hargne beaucoup plus impatiente que les autres pays occidentaux, largement plus en avance dans cette évolution que ce prétendu empire déjà en voie de disparition.

@ André Serra http://andreserra.blogauteurs.net/blog/

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