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Posts Tagged “Bush”

VOX POPULI, VOX DEI !
Avec cette crise du Caucase, les opinions sont surchauffées et vont dans tous les sens. Tout un chacun ressent un immense besoin d’y voir clair. Pourquoi ?
Eh bien, sans doute parce qu’il s’agit d’un combat mondial. À ma gauche, Saakachvili, Président de la Géorgie, frauduleusement réélu en janvier 2008. À ma droite, Poutine, Premier ministre de Russie, nommé par son ancien Premier ministre, élu Président du pays entre temps. Donc, de prime abord, ce procès se déroule entre deux grands défenseurs de la démocratie.
Le premier est assisté par Bush et sa secte de cireurs de pompes étasuniennes. Le second assiste l’Ossétie du sud, sœur ethnique, linguistique et culturelle de l’Ossétie du nord, qui a été séparée d’elle en 1922 par le grand charcutier qu’était Staline. Ce dernier, environné d’une multitude de petites nationalités difficiles à domestiquer, décida d’appliquer la doctrine incontournable de tout pouvoir digne de ce nom : diviser pour régner. Il conserva l’Ossétie du nord dans l’U.R.S.S en tant que région autonome, et donna l’Ossétie du sud à la Géorgie, également en tant que région autonome de ce pays.
Il en rajoutera cependant un petit peu pour plus d’efficacité, en déportant les habitants de l’Ingouchie, musulmans d’un pays limitrophe de l’Ossétie du nord, puis en donnant aux Ossètes une partie de l’Ingouchie ainsi dépeuplée. Mélange absolument détonnant. Lorsqu’après 1989 les Ingouches reçurent l’autorisation de rentrer chez eux, ils y trouvèrent des Ossètes installés dans leurs maisons et sur leurs terres. Vous comprendrez que les embrassades furent assez sanglantes. Bref.
Par un référendum de novembre 2007, le peuple de l’Ossétie du sud vota à 99% l’affirmation de son désir d’être indépendant. Par ailleurs, on sait qu’il désire passionnément fusionner à nouveau avec le peuple d’Ossétie du nord, où il pourrait retrouver cousins, proches ou lointains, neveux et nièces, dans une langue et une culture bien distinctes de la langue géorgienne.
On comprendra que cela ne faisait pas l’affaire de Saakachvili, car il ne faut pas perdre de vue qu’il se dit démocrate. Lui préférait de beaucoup conserver le cadeau fait par Staline à son pays. C’aurait été porter un coup bas à sa mémoire, le cher homme !
Il en a donc parlé à son protecteur Bush, démocrate lui aussi. Il fallait faire cesser ce scandale. Depuis quand le peuple peut-il éprouver des désirs qui ne soient pas conformes à la démocratie ?
Bush comprit qu’il tenait là une bonne solution pour remonter dans les faveurs de son opinion publique, et peut-être même donner un coup de main à ce pauvre McCain qui peine dans les sondages des présidentielles étasuniennes. Il fournit donc moult armes de toutes natures, missiles, avions, drones à Saakachvili, en utilisant les bons soins d’Israël, qui ne pouvait évidemment pas lui refuser ce service. Ah ! Si Israël n’était pas là… il faudrait l’inventer.
Et pour faire marcher toute cette quincaillerie, il lui envoya aussi un bon millier de « conseillers militaires » afin d’apprendre à sa plantureuse armée comment s’en servir.
Bien entendu, les Russes qui, comme on le sait, ne sont pas démocrates, et par conséquent sont aveugles, sourds et muets, ne se sont absolument pas doutés de ce qui se préparait dans un silence absolument parfait, puisque les Étasuniens sont équipés de chaussures comportant des semelles de caoutchouc fabriquées par Nyke.
Alors, le jour même où les joutes olympiques commençaient à Beijing [tiens ! tiens !], l’armée américanisée de Saakachvili se présenta à la frontière de l’Ossétie du sud, après une bonne préparation d’artillerie sur Tskhinvali, la capitale, pour tenir les Ossètes bien éveillés. Mais, passons sur ce que toute armée digne de ce nom fait subir à une population civile innocente.
À ce moment là, les Géorgiens, armés de pied en cap, eurent la grande surprise de voir débouler à leur rencontre une armée Russe caparaçonnée de chars de fort tonnage, qui n’étaient nullement romains. L’idée que ces nouveaux venus venaient les saluer ne leur traversa que très rapidement l’esprit, et ils prirent leurs jambes à leur cou pour rentrer prestement chez eux, à l’exception de quelques uns qui décidèrent de rester en Ossétie pour l’éternité.
On comprend le courroux qui s’empara de Bush, alerté par un Saakachvili angoissé. Une telle action de la part des Russes n’était pas du tout prévue dans leur plan, et on sait pertinemment que des plans dûment établis par le Pentagone ne peuvent absolument pas ne pas fonctionner.
Alors, le futur ancien Président des É-U EXIGEA ( !) des Russes qu’ils retournent dans leurs casernes. Lorsqu’il reçut ce message, Poutine sourit pour la première fois depuis de nombreuses années.
La plupart des grands chefs d’État du monde dénoncèrent alors l’attaque des Russes, car, par magie sans doute, l’agression de Saakachvili était devenue celle de Poutine dans la même soirée.
Bon ! La suite reste à venir. Mais j’ai tout de même été surpris sur le coup, et j’ai même failli changer d’avis sur la question. Alors j’ai voulu savoir si beaucoup de monde avait compris comme moi que c’étaient les Géorgiens qui avaient ouvert le bal, ou si d’autres pensaient au contraire que c’étaient les Russes, comme l’affirmaient toutes les cliques politiques ou presque.
Je suis donc allé consulter les blogs d’une bonne dizaine de sites de journaux et de nouvelles sur le web. Au total, j’ai donc lu entre 300 et 400 commentaires sur cette malheureuse affaire.
Quelle ne fut pas ma surprise de me rendre compte que, dans une proportion de 4 sur 5, soit 80%, ces commentaires désignaient Saakachvili comme agresseur et provocateur, mais plus encore Bush et ses courtisans, dont ils dénonçaient l’agressivité et l’impérialisme. Quand à ceux qui désignaient Poutine et la Russie d’un doigt vengeur, ils étaient immédiatement taxés de naïveté et de suivisme par le commentaire qui suivait le leur.
C’est troublant, et montre que les finasseries politiques conduisent trop souvent à des impasses dangereuses, alors que le peuple, qui détient la souveraineté, paraît-il, mais que l’on ne consulte qu‘une fois tous les quatre à cinq ans, est souvent plus réaliste que ceux qui prétendent les diriger, et même aussi que les médias qui se contentent assez souvent d’adopter la pose du perroquet.
Plus troublant encore, alors que les problématiques du Kosovo et de l’Ossétie sont strictement les mêmes, les grands de ce monde insistent bruyamment pour qu’elles soient résolues différemment. On a fait du Kosovo un État indépendant en le prenant à la Serbie qui le possédait juridiquement depuis des lustres, mais on veut empêcher l’Ossétie du sud de l’être pour ne pas modifier les frontières de la Géorgie. Dans les deux cas, il s’agit pourtant de populations fort différentes de celles qui les oppriment. Il s’agit strictement du même problème dans les deux cas.
Mais, il y a cependant une toute petite différence. Ici, Saakachvili est américain, et il s’agit des « INTÉRÊTS de l’Amérique ».
@ André Serra http://andreserra.blogauteurs.net/blog/

cf. les nombreux commentaires sur AgoraVox

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On ne peut arrêter sur 10 mètres un train lancé à pleine vitesse.
C’est pourtant ce que tentent de faire Bush et ses économistes de salon. Ce qui est en jeu aux États-Unis va bien au-delà d’un débat sur la question de savoir s’ils se trouvent au début ou au milieu d’une récession, car c’est le système intellectuel du pays, lui-même (l’adjectif est un peu prétentieux), qui est en cause. C’est lui en effet qui a conduit le monde à éliminer les frontières économiques, et déterminé ainsi la fuite de l’industrie étasunienne dans les pays émergents, les baisses d’impôt de 2001, la guerre au Moyen-Orient, les baisses de taux d’intérêt de 2002 à 2005, l’endettement endémique du pays et des particuliers, finalement le stratagème financier des subprimes , et aujourd’hui ce salmigondis de mesures économiques dépourvues d’intelligence et d’efficacité.
Cette énumération n’est pas limitative, mais suffit à faire comprendre que sans un revirement politique fondamental dont, ni le parti républicain, ni le parti démocrate, n’est intellectuellement capable d’effectuer, l’évolution en cours conduira inévitablement les États-Unis vers un déclin accéléré impossible à stopper.
Que l’on songe au fait que le projet d’injecter 150 milliards de dollars dans l’économie étasunienne va essentiellement augmenter le déficit budgétaire de l’État grâce au fonctionnement de la planche à billet, et accélérer la chute du dollar sur le marché des changes sans pour autant arrêter l’hémorragie économique et sociale en cours, car les liquidités appropriées seraient plutôt de l’ordre de 500 milliards de dollars.
Que l’on songe également au fait qu’actuellement tous les porteurs de dollars, Chine, Arabie Saoudite, Émirats arabes unis, Singapour, Russie, ont le dollar dans leurs collimateurs et tremblent à l’idée de perdre la valeur de leurs réserves. Un pas de plus dans le galvaudage du dollar et tous ces riches propriétaires risqueraient de donner libre cours à leur angoisse en dépensant pêle-mêle leurs dollars dépréciés pour sauver ce qui peut l’être de leur fortune en devises des É-U.
Déjà le renflouement des sociétés financières étasuniennes, à la limite de la faillite depuis l’écrasement du marché hypothécaire, par les fonds souverains étrangers, est un pas dans ce sens. Tout le système financier étasunien ainsi que les plus grosses industries du pays risquent de passer en quelques mois entre des mains étrangères sans que l’État fédéral puisse s’y opposer. Bush a d’ailleurs préparé ce futur immobilisme en déclarant que c’était une bonne chose que les dollars des étrangers reviennent au pays.
Il n’est pas possible d’espérer, en l’État actuel des choses, que les étrangers se précipitent pour acheter des bons du Trésor américains, quel qu’en soit le taux, comme ils l’ont fait depuis cinq ans aux temps mythiques du roi dollar, car il n’est tout simplement plus possible d’accorder quelque confiance que ce soit à un État qui fait n’importe quoi. Son sort sera donc celui qu’a connu l’Argentine il y a peu, et dont elle ne se sort que fort lentement à présent.
Le relèvement des É-U n’est donc pas pour demain. La seule solution peut-être envisageable aurait été de laisser la crise se déclarer, comme une poussée de boutons, de manière à purger l’économie étasunienne. Or ce n’est visiblement pas dans cette direction que l’establishment étasunien se dirige. Son immodestie proverbiale l’en empêche. Elle le porte à croire encore qu’il lui est possible de gérer des évènements aussi profonds que ceux auquel son pays est confronté, comme s’il s’agissait d’une simple varicelle.
Ce pays est entré dans une spirale de déclin dont il ne possède aucun moyen de sortir. Il est allé beaucoup trop loin dans son impéritie, et va entraîner le monde occidental dans sa chute.

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