Retourner au menu BLG Accédez à l'ensemble de la blogosphère de blogauteurs.net Accédez à notre revue de presse Visitez le Square littéraire de nos auteurs Accédez directement à notre boutique en ligne

Archives pour janvier 2008

Taux d’intérêt : Jean-Claude Trichet a raison
Les commentaires sur le maintien du taux de base de la BCE montre une détermination du public à considérer ce malheureux taux comme une sorte d’élixir de croissance négative ou positive. Comme on va le voir, c’est loin d’être le cas.
En tous les cas, il faut cesser de vouloir emboîter le pas des Étasuniens à tout propos. La déconfiture de leurs valeurs technologiques en 2000 et la récente débandade des subprimes sont pourtant des exemples probants que leur soi-disant compétence économique et financière est à relativiser prudemment. Leur petite croissance de 2007 de 2,2% qui vient d’être annoncée en première évaluation se trouve dans un mouchoir à coté de celle de l’Union européenne, en attendant qu’elle soit discrètement revue à la baisse dans quelques semaines, comme c’est dans la pratique de la FED de le faire lorsqu’elle a un mauvais chiffre à annoncer.
Il en est ainsi du regard porté par l’opinion publique sur la décision de Jean-Claude Trichet, patron de la BCE [Banque centrale européenne], de ne pas suivre Ben Bernanke, Président de la FED [Fédérale réserve des É-U], dans son plongeon vers les abysses de son taux d’intérêt de base, de 4,50 % à 3 % en moins de deux semaines, en le présentant comme un acte héroïque devant sauver les É-U de la récession.
Je voudrais simplement énumérer ici quelques données qui montrent au contraire la grande lucidité dont a fait preuve Jean-Claude Trichet dans cette affaire.
Baisser le taux d’intérêt n’est pas toujours utile,

et peut même être quelquefois dangereux
En premier lieu, l’histoire récente montre de nombreux exemples de taux d’intérêt bas coïncidant avec une très faible croissance, et de taux d’intérêt élevés coïncidant avec des phases de croissance rapide. Depuis 1990 environ, le Japon pratique des taux d’intérêt voisins de 0% compte tenu de l’inflation, et pourtant il connaît une croissance rampante qui ne parvient pas à sortir le pays de la déflation, en dépit de son idéologie des taux d’intérêt.
Pire, c’est son attitude laxiste qui a permis aux sociétés financières étasuniennes d’emprunter des sommes faramineuses sur le marché japonais à des conditions de coût dérisoire, puis de les replacer sur le marché des É-U à un taux plus élevé [carry trade ]. Or, c’est cette disponibilité de capitaux très abondants et peu chers, qui a entraîné l’invention des “subprimes “. Ce mécanisme subtil consistait à arnaquer de pauvres gens, en leur faisant croire que l’augmentation indéfinie de la valeur de leur maison leur permettrait de rembourser leur emprunt à taux variables. Il était parfaitement prévisible que cette innovation se termine par une crise de la construction et la saisie d’un nombre considérable de maisons dont les acheteurs n’ont plus les moyens de supporter les hausses de taux pratiqués tardivement par la FED, pour tenter d’arrêter cette croissance pathologique. Il était beaucoup trop tard, cette croissance exponentielle fictive est en train de déboucher sur une décroissance exponentielle, celle-là bien réelle, et sans solution crédible. Je reviendrai sur ce sujet dans un autre article.
Les É-U pour leur part, ont à leur tour pratiqué des taux très bas de 2001 à 2004, jusqu’à 1,5 %, inférieur à celui de l’inflation, pour relancer la croissance des É-U après la crise des valeurs technologiques. La réussite a été totale, mais elle se prolonge actuellement dans un chaos financier mondial indescriptible. À nouveau, la FED fait actuellement descendre les taux, comme si c’était une panacée. L’opinion inculte en est ravie, mais le principal effet de cette mesure sera une chute prononcée du dollar, et par conséquent une fuite des capitaux. Belle solution en effet ! Mais effet placebo tout de même, puisque les étasuniens, naïfs comme toujours, font remonter les cours de la bourse comme si cet expédient allait leur éviter la débandade économique !
Les situations des É-U et de l’Europe sont très différentes
En second lieu, si la baisse des taux pourra favoriser quelque peu les exportateurs étasuniens, encore faudrait-il qu’ils aient quelque chose à exporter, 40 % de l’industrie du pays ayant été délocalisée un peu partout. En revanche cette baisse entraînera parallèlement la hausse du coût des importations, et notamment celui des matières premières, et défavorisera par conséquent ceux des exportateurs dont les produits sont constitués de matières premières importées.
C’est donc ce qui se passerait en Europe si Jean-Claude Trichet suivait l’initiative de Bernanke. La hausse toucherait particulièrement chez elle les produits énergétiques, et notamment le pétrole, mais pas seulement, car l’Europe est relativement pauvre en matières premières.
On voit donc que les choses ne sont pas aussi simples que les chroniqueurs superficiels peuvent se l’imaginer, car il n’est absolument pas certain que le résultat global de l’opération serait positif.
Si la baisse des taux n’entraînerait pas nécessairement la croissance, plusieurs autres paramètres seraient plus efficaces pour l’améliorer si on y avait recours. Mais voilà, ce serait beaucoup plus compliqué, contraignant et lent que de changer un simple taux d’intérêt. J’en citerais celui qui, de loin, me semble le plus important : l’augmentation de la productivité, c’est-à-dire faire plus avec moins. Lutter contre les habitudes de pensée, amincir les procédures, réanalyser tous les processus, alléger les structures. Bien sûr ce serait plus fatigant ! Une œuvre de long terme évidemment, mais plus tôt on la commencera, plus tôt on inversera le déclin économique de l’Europe.
Baisser les taux entraîne une fuite des capitaux, comme on vient de le voir, parce qu’ils sont toujours à la recherche d’une rentabilité maximale. C’est d’ailleurs probablement la raison pour laquelle la FED a descendu son taux de base de 4,25% à 3 % en un peu plus d’une semaine. Je crois que Bernanke a administré cette potion brutalement dans l’espoir que la BCE le suivrait sous la pression de l’opinion publique européenne, et pas seulement pour relancer l’économie. Il faut toujours chercher la stratégie géopolitique sous les actes politiques apparemment les plus anodins. Heureusement, Trichet a tenu bon. Baisser les taux aurait eu pour effet d’entraîner rapidement des hausses de prix à la consommation en Europe, et alors une opinion publique irresponsable se serait plainte de ces hausses sans se souvenir de ses critiques passées.
L’Euro, future monnaie internationale
Enfin, en troisième lieu, mais c‘est peut-être le point le plus important dans le tournant géopolitique actuel, il nous faut prendre conscience du fait que nous nous trouvons au début d’une phase de l’économie mondiale qui pourrait sous-tendre le plus grand bouleversement géopolitique du monde depuis la seconde guerre mondiale, mais dont l’opinion publique se désintéresse complètement. Je m’explique.
Le rôle du dollar en tant que monnaie internationale pour le règlement des transactions commerciales est sévèrement contesté par l’ensemble de la planète, du fait de son instabilité et de son imprévisibilité, car les É-U gèrent leur monnaie en fonction de leurs intérêts intérieurs et ne se préoccupent nullement des conséquences de leurs décisions sur le reste de la planète. Cette contestation est particulièrement forte chez les vendeurs de matières premières, notamment de gaz et de pétrole, car lorsque le dollar vacille, les revenus pétroliers diminuent, et lorsqu’il grimpe, ils ne savent plus quoi faire de leur argent et le prêtent aux É-U pour qu’ils puissent boucler leur budget. Actuellement ces pays réfléchissent avec beaucoup d’intensité à ce problème récurrent, et envisagent de remplacer le dollar par l’euro dans l’établissement de leurs factures. C’est notamment le cas de la Russie et de tous les pays exportateurs de pétrole.
L’Europe de l’euro tirerait de cette substitution des avantages économiques considérables, avantages que les É-U ont eux-mêmes tirés jusqu’ici de la position prééminente du dollar. Par exemple, Airbus n’aurait plus de problèmes financiers induits par les fluctuations du dollar, puisque ses commandes seraient établies en euros. Je m’étendrai plus longuement sur cet intérêt une autre fois, pour éviter un développement trop long, mais c’est un sujet d’importance.
Pour expliquer leur position anti-dollar, on souligne souvent le fait que l’Iran et le Vénézuéla sont des opposants déterminés à l’hégémonie étasunienne, mais il ne faut pas mélanger les problèmes. Les six Émirats du golfe sont également en train de se concerter sur le sujet. Ils étudient même la possibilité de créer une monnaie collective pour assurer le règlement des transactions pétrolières des États du golfe persique. De son côté, la Russie prépare un plan de remplacement du dollar par le rouble pour les paiements du gaz de Sibérie
Ce n’est donc pas au moment crucial où le dollar va encore une fois vaciller et que l’euro est en bonne position pour le remplacer, qu’il faut affaiblir sa valeur et donner ainsi du crédit aux solutions concurrentes qui sont étudiées ailleurs. L’une de ses forces majeures est précisément sa stabilité et la crédibilité politique de la BCE. Il serait irresponsable de les gâcher en suivant les errements de l’oncle Sam. Enfin, il ne faut pas perdre de vue que certains états européens ne se sont pas encore ralliés à l’euro et sont postés en observation : Grande Bretagne, Norvége, Suède, Danemark, Suisse, Lichtenstein. Si l’euro venait à prendre la place du dollar comme monnaie du monde, on peut parier sans grande chance de se tromper que tous ces pays-là voudront être de la fête, même la Grande Bretagne.
Bien entendu, Jean-Claude Trichet ne peut faire publiquement état de cet argument essentiel. Il faut le comprendre.

Partager et découvrir :
  • Agoravox
  • Blogasty
  • citoyen
  • La tribune
  • Le Monde
  • Scoopeo
  • Trader
  • Paperblog
  • Romanding
  • Naturavox
  • Gmiix
  • Voir
  • Zataz
  • Bulleimmo
  • Canoe
  • Courrier Int
  • Forumdesforums
  • Nonfiction
  • Quebecois libre
  • bruxello
  • MisterWong Fr
  • Notreactualite
  • Nuouz
  • BlogMemes Fr
  • Buzz solo
  • Publieca
  • Quebec Buzz

Comments 3 commentaires »

[dernière partie d'un article qui en comprend trois ]

Une parabole ou la réalité ?
Alors, si l’on tient compte de ces conditions historiques, peut-on persister à affirmer que ces comportements violents sont ceux de terroristes, ou au contraire les attribuer plus logiquement à des résistants combattant une opiniâtre oppression séculaire ?
Je vais répondre à cette question de manière indirecte, mais analogique.
Pendant la guerre, de 1940 à 1945, je vivais en France avec mes parents. Après la défaite de 1940, et jusqu’à notre libération, nous avons donc vécu sous l’occupation de l’armée allemande. Bien qu’encore très jeune, de 10 à 15 ans, j’ai pu observer deux phénomènes. D’abord un retour de la population dans les églises, pourtant fort désertées avant la guerre. Sous la frustration que constituait l’occupation militaire, même si elle ne se manifestait que rarement de façon violente, une solidarité nationale s’était resserrée autour de ce qui nous restait d’identité : la religion. Même beaucoup de ceux qui bouffaient du curé avant la guerre, ne rataient plus la messe du dimanche. Et je me souviens de messes de minuit, à Noël, qui remplissaient les églises à craquer, malgré un froid intense et un chauffage absent faute de combustible. Pourtant, après que la France se soit vidée des troupes allemandes en 1945, les églises se vidèrent également, et retrouvèrent leur faible clientèle d’avant la guerre.
Le second phénomène, ce fut la formation de groupes de résistants, ça et là, qui se mirent à harceler l’ennemi de toutes les manières possibles. Ils faisaient sauter les voies ferrées, les trains, les ponts. Ils minaient aussi les routes, coupaient les poteaux électriques et les lignes qui desservaient les casernes et les installations allemandes.
Savez-vous comment les Allemands appelaient ces résistants français ? Et bien ils les appelaient des terroristes, et les fusillaient lorsqu’ils mettaient la main dessus.
Ce n’est pas là une parabole. C’est la stricte vérité. Mais beaucoup l’ont oublié… ou sont morts !terrorisme2
Ce que j’en conclus ? Et bien que les Arabes que l’on appelle terroristes sont tout simplement des résistants, et que, si on foutait définitivement la paix à ces nations-là, en les considérant comme on considère n’importe quelle autre nation sur la planète, et en en faisant surtout partir troupes et proconsuls, il n’y aurait probablement plus, très rapidement, de terroristes islamistes. Et l’Islam lui-même perdrait progressivement dans le même temps ses clients les plus intégristes, comme c’est arrivé à la chrétienté au cours du siècle dernier.
Finalement, quand on apprend l’histoire et qu’on sait en tirer des leçons, on devient plus sage et moins con.

Partager et découvrir :
  • Agoravox
  • Blogasty
  • citoyen
  • La tribune
  • Le Monde
  • Scoopeo
  • Trader
  • Paperblog
  • Romanding
  • Naturavox
  • Gmiix
  • Voir
  • Zataz
  • Bulleimmo
  • Canoe
  • Courrier Int
  • Forumdesforums
  • Nonfiction
  • Quebecois libre
  • bruxello
  • MisterWong Fr
  • Notreactualite
  • Nuouz
  • BlogMemes Fr
  • Buzz solo
  • Publieca
  • Quebec Buzz

Comments 2 commentaires »

[seconde partie d'un article qui en comprend trois ]

Petite histoire des oppressions de l’Islam :
Le monde musulman, qui s’étend du Maroc à l’Indonésie a été, et est toujours, l’objet d’agressions de toute nature de la part de l’Occident chrétien. En voici quelques phases exemplaires :
— Croisades entreprises par la papauté catholique et les monarques chrétiens en terre d’Islam du XIe au XIIIe siècles pour libérer Jérusalem, ravie il est vrai par les Turcs en 1078 aux Arabes Fatimides. Un royaume chrétien y fut même implanté pendant quelque temps.
— La Reconquista progressive de l’Espagne sur les Arabes. Il est vrai aussi que ceux-ci avaient eux-mêmes conquis la majeure partie de la péninsule Ibérique en 711, conquise antérieurement par des peuples Wisigoths venus d’Europe. La Reconquista, commencée en 718 s’acheva en 1492 avec la conquête de l’Andalousie par les rois catholiques. Bien que ce reflux puisse être considéré comme légitime, il n’en est pas moins considéré par les Arabes comme l’annexion d’un territoire leur ayant appartenu. Ils s’en souviennent encore.
— De 1830 à 1871, conquête progressive de l’Algérie par la France, jalonnée de massacres qui auraient fait environ un million de morts, en grande partie civils. En 1945, massacres de Sétif et de Guelma , à la suite d’émeutes nationalistes. D’après le gouvernement algérien, cette répression aurait fait 45.000 victimes.
— Tout le long du XIXème siècle, la Grande Bretagne, la France, l’Allemagne, le Portugal, l’Espagne et l’Italie se sont disputés et partagés l’ensemble de l’Afrique, assez largement musulmane avant leurs conquêtes successives. Les nations libres qui en sont issues après la seconde guerre mondiale sont aujourd’hui encore largement dépendantes de l’occident.
— À partir de la conclusion du traité du Bardo, le 12 mai 1881, la France établit progressivement un protectorat sur la Tunisie.
— Les Britanniques ont été les maîtres de l’Égypte depuis 1882. Pour contrer l’Empire ottoman, dans le cadre de la Première Guerre mondiale, ils imposent leur protectorat au pays le 19 décembre 1914. Ce ne sera qu’à la suite du coup d’état des officiers libres du 23 juillet 1952, que la République pourra être proclamée en 1953. Nasser en sera le second président, mais depuis, les Étasuniens dominent indirectement la politique du pays à travers une république de type dictatorial.
— En 1912, par le traité de Fez la France obtient du sultan un protectorat sur le Maroc.
— À l’issue de la première guerre mondiale [1914-1918], dépeçage de l’empire Ottoman. La Syrie, le Koweit et l’Irak sont placés sous protectorat britannique, le Liban sous protectorat français, et des monarques favorables aux occidentaux sont imposés à la tête des autres pays confisqués à l’ex-empire [Jordanie et Arabie séoudite].
— De 1945 à 1948, invasion terroriste de la Palestine par les juifs [Haganah, Irgoun et groupe Stern], suivie par l’annexion d’une partie importante d’un pays habité depuis des siècles par une population arabe, annexion suivie à son tour par l’expulsion pure et simple de 800.000 de ses habitants. Tout cela avec l’approbation tacite et dans l’indifférence totale des pays occidentaux. Problème non réglé depuis 60 ans, et donnant lieu à des hostilités endémiques.
— Depuis 1947, date de la partition de l’Inde et de la création du Pakistan, celui-ci a recueilli une forte proportion de la population musulmane habitant la partie du sous-continent restée indienne. Pendant le transfert de cette population, de nombreux massacres de musulmans ont été perpétrés par les Indiens sur leur passage. Or l’Inde, ancienne possession britannique, a toujours été considérée par l’Islam comme favorable à l’occident, et hostile à l’Islam.
— En 1951, le Premier ministre d’Iran, Mossadegh , nationalise l’Anglo-Iranian Oil Company. Le Royaume-Uni et les Etats-Unis le renversent alors au moyen de l’opération secrète Ajax, exécutée par la CIA, pour mettre un terme à sa politique nationaliste, consolider le pouvoir du Chah Mohammed Reza Pahlavi, et préserver les intérêts occidentaux dans l’exploitation des gisements pétrolifères iraniens.
La destitution de Mossadegh permit ainsi l’arrivée des Américains dans le grand jeu pétrolier du pays. Ainsi, en 1954, un consortium international composé de compagnies française, hollandaise, britannique et américaine est créé pour gérer la production pétrolière de l’Iran.
En 2000, Madeleine Albright, secrétaire d’état des É-U, reconnut l’implication de son pays dans l’opération Ajax, confirmant ainsi cette nouvelle intrusion violente de l’occident dans le monde islamique.
Cette énumération rapide ne fait pas mention de toutes les spoliations, frustrations et violations que toutes ces populations ont subi depuis la seconde moitié du XIXème siécle jusqu’à ce jour. Si tous ces évènements se sont généralement effacés de la mémoire des occidentaux, ils conditionnent encore aujourd’hui largement le comportement, souvent violent, des populations encore soumises, directement ou indirectement, à l’occident. Et c’est précisément le cas des Afghans, des Irakiens, des Palestiniens, et, de manière solidaire d’un point de vue musulman, des Syriens, des Iraniens et des Pakistanais, même lorsque leurs gouvernements semblent apparemment dociles aux sollicitations occidentales.
Alors, ces comportements violents sont-ils l’œuvre de terroristes, ou plus simplement de résistants luttant contre une oppression pluri-séculaire ?
[fin de la seconde partie – suite et fin demain]

Partager et découvrir :
  • Agoravox
  • Blogasty
  • citoyen
  • La tribune
  • Le Monde
  • Scoopeo
  • Trader
  • Paperblog
  • Romanding
  • Naturavox
  • Gmiix
  • Voir
  • Zataz
  • Bulleimmo
  • Canoe
  • Courrier Int
  • Forumdesforums
  • Nonfiction
  • Quebecois libre
  • bruxello
  • MisterWong Fr
  • Notreactualite
  • Nuouz
  • BlogMemes Fr
  • Buzz solo
  • Publieca
  • Quebec Buzz

Comments Pas de commentaire »

[article composé de trois parties ]

Dans son article du Devoir paru le 29 décembre 2007, René Girard réinterprète Clausewitz. Il écrit : « Il y a une espèce de continuité dans l’ascension vers les extrêmes », et plus loin : « Nous sommes passés des guerres nationales au terrorisme. C’est la fin de toute ritualisation de la guerre, c’est la violence généralisée ». Il établit aussi une relation entre la violence du terrorisme et celle que l’on peut constater dans l’environnement : « l’augmentation de la population mondiale, le réchauffement planétaire… Tout ce qui menace l’humanité aujourd’hui peut être vu comme une conséquence de cette montée aux extrêmes. »
À une question qui lui est posée par Le Devoir, il répond que son sentiment est qu’il existe un rapport évident entre cette montée aux extrêmes et les textes apocalyptiques de la bible. Enfin, il explique : « Or les textes apocalyptiques nous paraissaient ridicules, farfelus, insignifiants, précisément parce qu’ils mélangent souvent la nature avec les activités humaines ».
En ce qui concerne les menaces qui pèsent sur l’humanité, il me semble tout à fait visible que les activités humaines s’accroissent en puissance à mesure que les connaissances scientifiques de l’Homme s’accroissent elles-mêmes, et qu’une violence peut naturellement s’en dégager si leur utilisation n’est pas contrôlée au niveau politique de la société, et dans un cadre mondial. Il n’est donc pas nécessaire pour autant de se référer à de vieux écrits dont la véracité est du niveau de ceux de Nostradamus.
D’autre part, l’idée de séparer ontologiquement les activités humaines d’avec la nature, sous-jacente à la dernière citation de René Girard, relève d’une position religieuse dérivée de l’influence d’Aristote, et est bien difficile à soutenir aujourd’hui. En effet, comment pouvoir apporter la moindre preuve de ce que les activités humaines ne se développeraient pas avec et à l’intérieur de la nature. Notre expérience concrète de chaque jour porte plutôt à croire le contraire, et raisonner ainsi sur une base purement théologique ne peut conduire l’humanité qu’à l’obscurcissement de la réalité, pour ne pas dire, plus nettement, à un obscurantisme réactionnaire.
Les dictionnaires nous disent de l’extrémisme: « Tendance à recourir à des moyens extrêmes, violents, dans la lutte politique » (Larousse). J’ajouterais à cette définition, pour ma part, que l’extrémisme consiste à poursuivre une action, de quelque ordre elle soit, d’une manière qui semble ne conduire à rien de constructif dans la sphère politique, y compris pour celui qui entreprend cette action. Encore avons-nous vécu quelques exceptions notables, dont un exemple fut le terrorisme juif en Palestine avant la création d’Israël. Il faut cependant noter que la situation politique en cet endroit du globe n’est toujours pas normalisée au moment où l’on parle.
Mais, revenons à l’extrémisme. Il convient d’abord de s’entendre sur ce que l’on doit entendre par extrême et extrémisme. Sans ce préalable, on est conduit à parler dans le vide, ou à travers son chapeau.
Comme rien ne peut laisser supposer qu’un extrémiste soit nécessairement un être dérangé, il faut éviter d’interpréter ses actions comme des gestes de fou. Pour accéder à une compréhension utile de son comportement, il convient alors d’aller chercher une voie indirecte pour y parvenir.
Si les actions extrémistes sont condamnées à l’inutilité, c’est donc qu’elles ne sont pas conçues pour être directement utiles. Que peuvent-elles alors viser d’autre qu’émettre ainsi des signaux de malaise, de mal-être ? De même qu’un enfant recommence parfois à inonder son lit lorsqu’un nouveau petit frère lui est né, dans l’espoir d’attirer par ce geste l’attention de ses parents sur son désarroi, l’extrémiste signale au monde sa difficulté d’être par la violence. Et la violence physique n’en constitue qu’un cas particulier : un homme trompé qui tue sa femme par jalousie, un enfant traqué ou frustré qui tire sur ses camarades pour se venger.
L’extrémiste dissimule généralement sa violence sous une couverture idéologique à laquelle il ne croit pas vraiment, mais qui lui est nécessaire pour justifier son comportement, d’abord à lui-même, afin de rétablir en lui un équilibre socio psychologique perturbé par des causes dont la véritable réalité ne lui est pas toujours pleinement consciente.
terrorisme Il s’agit donc du syndrome de ce que j’appellerais « la fuite en avant ». Pour le traiter, il faut en découvrir les causes, et cesser de lui opposer des méthodes inutilement répressives, inefficaces, voire nuisibles. Ces causes sont probablement multiples, et je ne prétendrais pas en avoir les clés. Je me contenterai donc d’explorer une seule direction d’analyse. Je crois que les causes d’une fuite en avant, qu’on l’affuble ou non du terme de terrorisme, sont principalement d’ordre émotionnel.
Une fuite en avant n’est pas seulement le fait d’individus. Des pays peuvent également en être les victimes… ou les « promoteurs », pour des raisons totalement analogues à celles que j’ai évoquées. Je citerais le cas de l’explosion du croiseur étasunien Maine dans la rade de La Havane le 15 février 1898. La presse étasunienne s’empara alors immédiatement de l’événement, entama une campagne de désinformation contre l’Espagne (Cuba en était alors une colonie), qu’elle accusa de barbarie et même d’anthropophagie. La population des Etats-Unis cria vengeance, et deux mois plus tard le président William McKinley déclarait la guerre à Madrid. Les Etats-Unis s’emparèrent alors de toutes les colonies espagnoles des Caraïbes, y ajoutant les Philippines, et raflant au passage les Iles Hawaï qui n’avaient rien à voir avec les Espagnols.
(http://www.herodote.net/histoire/evenement.php?jour=18980215)
Treize ans plus tard, en 1911, une commission d’enquête conclut que le croiseur avait coulé suite à une explosion accidentelle dans la salle des machines. Et il y a quelques années, on apprit que c’était le gouvernement étasunien qui avait organisé ce naufrage pour pouvoir entraîner le Congrès et sa population dans une guerre contre l’Espagne. Sans cette provocation, jamais le peuple des Etats-Unis en effet, n’aurait accepté d’entrer dans un tel conflit. Grâce à ce complot, les Etats-Unis avaient pu prendre la place de l’Espagne comme nation colonisatrice.
Quelle superbe fuite en avant !
L’affaire du 11 septembre 2001 serait-elle un remake de la provocation du Maine ? À en juger par l’invasion du Moyen-Orient par les Etats-Unis qui s’ensuivit, on serait porté à se poser la question. Dans quelques dizaines d’années, on sera sans doute fixé.
L’actualité récente nous a permis d’assister à la naissance d’une nouvelle sorte de fuite en avant. Celle de ceux que l’on appelle, selon les dispositions d’esprit de celui qui parle, des terroristes ou des islamistes, et qui répandent tant de violence par les temps qui courent.
Si je reste cohérent avec les prémisses des fuites en avant que j’avançais tout à l’heure, il me reste à découvrir les raisons émotionnelles de celle-ci. De quelles frustrations, terroristes ou islamistes cherchent-ils donc la compensation ?
Mon hypothèse de recherche est simple, mais me semble logique : on ne peut trouver les raisons émotionnelles de cette violence que dans l’histoire de ces gens-là. C’est pour moi une évidence. Et il n’est pas nécessaire de fouiller très loin pour les mettre à jour !
[fin de la première partie – seconde partie demain]

Partager et découvrir :
  • Agoravox
  • Blogasty
  • citoyen
  • La tribune
  • Le Monde
  • Scoopeo
  • Trader
  • Paperblog
  • Romanding
  • Naturavox
  • Gmiix
  • Voir
  • Zataz
  • Bulleimmo
  • Canoe
  • Courrier Int
  • Forumdesforums
  • Nonfiction
  • Quebecois libre
  • bruxello
  • MisterWong Fr
  • Notreactualite
  • Nuouz
  • BlogMemes Fr
  • Buzz solo
  • Publieca
  • Quebec Buzz

Comments 2 commentaires »

On ne peut arrêter sur 10 mètres un train lancé à pleine vitesse.
C’est pourtant ce que tentent de faire Bush et ses économistes de salon. Ce qui est en jeu aux États-Unis va bien au-delà d’un débat sur la question de savoir s’ils se trouvent au début ou au milieu d’une récession, car c’est le système intellectuel du pays, lui-même (l’adjectif est un peu prétentieux), qui est en cause. C’est lui en effet qui a conduit le monde à éliminer les frontières économiques, et déterminé ainsi la fuite de l’industrie étasunienne dans les pays émergents, les baisses d’impôt de 2001, la guerre au Moyen-Orient, les baisses de taux d’intérêt de 2002 à 2005, l’endettement endémique du pays et des particuliers, finalement le stratagème financier des subprimes , et aujourd’hui ce salmigondis de mesures économiques dépourvues d’intelligence et d’efficacité.
Cette énumération n’est pas limitative, mais suffit à faire comprendre que sans un revirement politique fondamental dont, ni le parti républicain, ni le parti démocrate, n’est intellectuellement capable d’effectuer, l’évolution en cours conduira inévitablement les États-Unis vers un déclin accéléré impossible à stopper.
Que l’on songe au fait que le projet d’injecter 150 milliards de dollars dans l’économie étasunienne va essentiellement augmenter le déficit budgétaire de l’État grâce au fonctionnement de la planche à billet, et accélérer la chute du dollar sur le marché des changes sans pour autant arrêter l’hémorragie économique et sociale en cours, car les liquidités appropriées seraient plutôt de l’ordre de 500 milliards de dollars.
Que l’on songe également au fait qu’actuellement tous les porteurs de dollars, Chine, Arabie Saoudite, Émirats arabes unis, Singapour, Russie, ont le dollar dans leurs collimateurs et tremblent à l’idée de perdre la valeur de leurs réserves. Un pas de plus dans le galvaudage du dollar et tous ces riches propriétaires risqueraient de donner libre cours à leur angoisse en dépensant pêle-mêle leurs dollars dépréciés pour sauver ce qui peut l’être de leur fortune en devises des É-U.
Déjà le renflouement des sociétés financières étasuniennes, à la limite de la faillite depuis l’écrasement du marché hypothécaire, par les fonds souverains étrangers, est un pas dans ce sens. Tout le système financier étasunien ainsi que les plus grosses industries du pays risquent de passer en quelques mois entre des mains étrangères sans que l’État fédéral puisse s’y opposer. Bush a d’ailleurs préparé ce futur immobilisme en déclarant que c’était une bonne chose que les dollars des étrangers reviennent au pays.
Il n’est pas possible d’espérer, en l’État actuel des choses, que les étrangers se précipitent pour acheter des bons du Trésor américains, quel qu’en soit le taux, comme ils l’ont fait depuis cinq ans aux temps mythiques du roi dollar, car il n’est tout simplement plus possible d’accorder quelque confiance que ce soit à un État qui fait n’importe quoi. Son sort sera donc celui qu’a connu l’Argentine il y a peu, et dont elle ne se sort que fort lentement à présent.
Le relèvement des É-U n’est donc pas pour demain. La seule solution peut-être envisageable aurait été de laisser la crise se déclarer, comme une poussée de boutons, de manière à purger l’économie étasunienne. Or ce n’est visiblement pas dans cette direction que l’establishment étasunien se dirige. Son immodestie proverbiale l’en empêche. Elle le porte à croire encore qu’il lui est possible de gérer des évènements aussi profonds que ceux auquel son pays est confronté, comme s’il s’agissait d’une simple varicelle.
Ce pays est entré dans une spirale de déclin dont il ne possède aucun moyen de sortir. Il est allé beaucoup trop loin dans son impéritie, et va entraîner le monde occidental dans sa chute.

Partager et découvrir :
  • Agoravox
  • Blogasty
  • citoyen
  • La tribune
  • Le Monde
  • Scoopeo
  • Trader
  • Paperblog
  • Romanding
  • Naturavox
  • Gmiix
  • Voir
  • Zataz
  • Bulleimmo
  • Canoe
  • Courrier Int
  • Forumdesforums
  • Nonfiction
  • Quebecois libre
  • bruxello
  • MisterWong Fr
  • Notreactualite
  • Nuouz
  • BlogMemes Fr
  • Buzz solo
  • Publieca
  • Quebec Buzz

Comments Pas de commentaire »

Paperblog